Dimanche 7 septembre 2008
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Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski»
Je me sens super bien ce matin après toute l'aventure d'hier soir. Mes amis Français ont tellement blagué durant le souper et j'ai tellement ri que j'ai fini par oublier mes soucis. Ils se
taquinent continuellement entre eux. Michel me dit d'acheter une boisson typique de son coin de pays «La Chartreuse». Je vais goûter à ça une fois de retour au Québec.
Donc, c'est le départ. Pierre et Gérard vont à Navarrete. Une marche de 30 kilomètres ! En ce qui me concerne, je me donne Logroño comme but aujourd'hui. On part en se promettant de s'écrire. Il
est 6h30.
Il fait très noir. Je regrette de ne pas avoir fait un bout de chemin avec Pierre et Gérard. Moi qui me plains qu'il y a trop de monde sur le chemin, je suis servie ce matin, il n'y a pas un chat !
Mais bon, comme toujours, le soleil se lève rapidement à l'horizon. Ce qui est dommage sur le Chemin, c'est que le soleil se lève toujours derrière nous. Faudrait changer ça.
Le chemin entre Torres del Rio et Viana est magnifique et il fait un temps superbe. Je médite car je suis seule au monde devant le jour qui se lève. C'est féérique. Je constate que je n'ai pas eu
une seule goutte de pluie jusqu'à maintenant. Quelle chance !
Arrivée à Viana, je m'arrête manger quelque chose. Comme le refuge de Torres del Rio n'offrait pas le déjeuner, je n'ai rien dans le ventre pour le moment. Habituellement, j'achète quelque chose la
veille que je peux manger le lendemain mais avec l'histoire d'argent, je n'ai rien. Donc, à Viana, je demande un sandwich à l'omelette et il arrive plein de viande. Ben coup donc... Avec un
bon jus d'ananas, c'était quand même délicieux.
Je reprends le Chemin vers Logroño. Le sentier est jonché de pierre grosse comme des pamplemousses. Il faut y aller tranquillement. Et voilà que je commence à avoir mal aux pieds.
J'essaie de me changer les idées mais rien n'y fait. Heureusement, j'arrive. Je suis récompensée car l'albergue est superbe et la vieille ville également. Je suis maintenant dans la province du
Rioja. La région vinicole espagnole !
Une fois installée, je constate que beaucoup de personnes sont couchées même s'il n'est que 16h00. Le chemin a été difficile pour plusieurs. Subitement, un jeune Espagnol entre dans notre dortoir
et crie à un jeune au fond de la pièce, réveillant plusieurs pèlerins. Personne ne dit un mot. Par contre, après une troisième fois, un Français lui dit d'arrêter de gueuler. L'Espagnol fait
signe qu'il n'est que 16h00 et le Français de lui répondre que peu importe, il n'est pas nécessaire de crier, qu'il n'a qu'à s'avancer pour aller parler à son copain.
Là-dessus, un jeune homme parlant espagnol et français s'avance et tente de calmer les esprits. Il semble avoir à peine 25 ou 30 ans. J'apprendrai plus tard que c'est un Jésuite ! Ayoye
! Il y a des histoires comme ça sur le Chemin qu'on n'oublie pas. Le calme et la gentillesse de ce jeune homme, c'était tellement beau à voir.
Je fais connaissance avec Claire, une fille de Moncton ainsi que Mimi et Farida, des Françaises de La Rochelle. Claire et moi allons en ville pour manger. Dans les restaurants espagnols, c'est
toujours surprenant de constater qu'on y fume beaucoup et que les gens jettent tout par terre. Ils y amènent même leurs chiens !
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