Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 18:34

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» 

Oh là là, quelle journée difficile ! Il fait une chaleur torride et pas d'ombre. Jamais !  En chemin, je m'arrête à «Hopital de San Nicolás de Puento Fitero» dont on m'a tant parlé. En étroite collaboration avec l'Association espagnole de l'Ordre de Malte, la Confraternité de Saint Jacques de Compostelle de Pérouse/Perugia a restauré ce bâtiment, situé à côté d’un pont traversant la rivière Pisuerga dans une zone contrôlée au Moyen Age par l’Ordre de Malte et l’a reconverti en auberge pour les pèlerins. Je regrette de ne pas coucher là mais je n'ai que quelques kilomètres de fait et n'ai plus de temps à perdre. C'est tout petit mais magnifique.

À Boadilla del Camino, après 20 km, je n'en peux plus. Il faut dire qu'avec mon rhume, je suis un peu plus affaiblie que d'habitude. Je décide donc d'arrêter au gîte "En El Camino" dont mon guide me parle tant.  

Ayoye ! Je n'en reviens pas ! Mon guide dit : «Un oasis dans le désert». Tu parles ! Et pas un mirage en plus ! Digne d'une revue de décoration. Je regarde ça, complètement subjuguée quand un beau jeune espagnol arrive devant moi pour me parler. Du coup, je pense que c'est plein (les hospitaleros n'ont pas l'habitude de nous accueillir à la porte) alors je lui demande «Completo ? Completo ?».  

Allez savoir pourquoi, il reconnaît mon accent et me dit «Québécoise ?». Je réponds oui, un peu étonnée et il me dit : «Pourquoi ça serait completo ? C'est l'automne, il est encore tôt. Mais non, ce n'est pas completo. Viens choisir ton lit.» 

Et il m'amène dans le dortoir, me présente le meilleur lit et me dit de me reposer, de me doucher et de prendre mon temps, que j'irai payer plus tard. Puis, il m'embrasse sur les deux joues et s'en va. Je reste planté là quelques minutes devant tant de sollicitude.
Je prends donc ma douche, tranquille. J'ai même droit à tout un spectacle ! Alors que je suis à faire mes tresses, un mec sort de la douche, complètement nu et prends son pantalon qui est accroché à côté de moi. Et le gars a un body style «joueur de rugby» ! J'ai bien faillit me mêler dans mes tresses....

Après m'être calmée un peu les nerfs, je pars visiter le village. Les Espagnols savent y faire avec les fleurs. Les balcons, les terrasses et le moindre petit trou affichant un peu de terre est fleuri. Ils ont aussi des portes fabuleuses. Même les potagers ont droit à d'énormes portes en fer forgé digne d'un château. Naturellement, les maisons ne sont pas en reste. Ne cherchez pas les portes affreuses en aluminium comme au Québec (comme chez moi d'ailleurs), il n'y a ici que des portes en bois, toujours agrémentées de fer forgé et de quincailleries spectaculaires.

Vers 19h00, c'est le souper communautaire, fait par la «mama» à l'albergue. Je m'assieds à une table et je suis rapidement entourée d'Allemands, d'Américains, de Hollandais, etc. Personne ne parle français. Je fais ni un ni deux et je déménage à la table à côté où, visiblement, ça parle français. Je me présente en expliquant ma situation et leur demande si je peux me joindre à eux. Naturellement, on m'invite vivement à m'asseoir.

C'est ce soir-là que je ferai connaissance avec Luc, 80 ans et Philippe, 79 ans (que Luc appelle affectueusement «le gamin»). Ces deux-là seront un des mes beaux souvenirs du Chemin.

Par Francine - Publié dans : Mon chemin
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