Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 22:50

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» 

Je pars de Burgos très tôt, comme d'habitude. Ce n'est pas facile de sortir de la ville. Heureusement, les Espagnols sont habitués et me dirigent systématiquement dès qu'ils me sentent un peu perdue. Je n'ai qu'à demander «Camino ?» et ils me montrent du doigt la route à prendre. 

Ce matin, il y a beaucoup de brouillard et j'ai le moral un peu tout croche pour une histoire entre pèlerins. La cohabitation n'est pas toujours agréable. Aussi, faire le Chemin, c'est encore très pénible. Faire 20 km de marche, c'est somme toute assez facile. Le problème, c'est de l e faire tous les jours. Après deux semaines, le corps se demande ce que tu lui veux et se défend. J'ai très mal aux jambes, aux pieds et au genou droit. Je croyais qu'après un certain temps, l'exercice aidant, ce serait plus facile mais c'est le contraire. Malgré tout, ce qui me surprend, c'est qu'après une nuit de sommeil, je suis prête à repartir. C'est en fin de chemin que la déprime s'installe et où je me dis : «Demain, je me repose». Mais après une soirée entre pèlerins, après une bonne nuit, je repars et j'oublie la déprime de la veille. 

En après-midi, il fait très chaud et je marche un bout le long de la route. Comme on entre dans la «meseta», les après-midi sont torrides ! Un vrai four. Et les endroits ombragés sont rares. Dire qu'il y a quelques jours, je mettais mes mitaines.  

J'arrive à Hornillos del Camino. C'est un tout petit village et l'albergue est collée à l'église. J'ai maintenant 314 km au compteur. Je suis contente. Je suis encore avec Marthe. On va s'acheter du vin et on prend un verre sur le parvis de l'église mais le «bedeau» nous demande d'aller plus loin parce qu'il ne veut pas qu'on tache la pierre toute neuve. On comprend, on s'excuse et on va ailleurs.

On voit arriver de plus en plus de pèlerins puis l'albergue est pleine. La municipalité va finalement ouvrir un autre local où les pèlerins devront dormir sur des matelas par terre. D'autres pèlerins arrivent alors qu'il est très tard. Ceux-là n'auront pas de chance et devront continuer jusqu'au prochain village.

Nos amis Claude et Bobby sont avec nous alors qu'habituellement, ils vont à l'hôtel. Ils regretteront d'être allés dans une albergue ce soir-là (et moi aussi d'ailleurs) car les matelas sont sales et sentent mauvais. De plus, j'ai eu la lumière dans le visage toute le nuit car je suis tout près de la porte. Et notre dortoir est près de la cuisine, que les pèlerins tarderont à quitter.

Ah ! La vie sur le Chemin de Compostelle !

Par Francine - Publié dans : Mon chemin
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