Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 22:46

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» 

Cette nuit, vers 3h00, le coq des voisins à chanté durant au moins 20 minutes. Tout le monde dans le dortoir était prêt à l'égorger. Surtout les 5 basques qui couchaient près de moi. 

D'ailleurs, le plus costaud de la gang faisait changer ses pansements quand on est parti ce matin. C'était absolument terrible de lui voir les pieds. My God ! Comment fait-il pour marcher arrangé comme ça ? Hier soir, ces Basques ne rigolaient pas quand quelqu'un leur a demandé de quelle région de la France ils venaient. «D'aucune région !» a répondu l'un deux. «On est des Basques. On vient des Pays Basques !» Jusque très tard dans la soirée, il y en a un qui a lu avec sa lampe frontale. Personne n'est allé lui dire de l'éteindre... 

Donc, je pars aujourd'hui vers 7h30 après un bon déjeuner fromage-yogourt. Il faut commencer à partir un peu plus tard à cause du soleil. Marcher quand il fait noir c'est possible mais pas trop longtemps.

Je me suis finalement décidée à m'acheter un bandage pour mon genou. Aussi, après re-re-calcul des kilomètres à faire versus les jours disponibles, je me rendrai à Santiago sans problème, à moins de situation grave.

Je suis maintenant en Castille. Les vignes ont disparu pour faire place à de grands champs de culture où les récoltes ont souvent été faites. Je remets mon lecteur MP3 et j'écoute France Gall pour camoufler le bruit des camions car je longe la N120.

Je m'arrête pour dîner et je croise un homme qui marche en sens inverse. Il est parti de Belgique pour se rendre à Santiago puis au Finistère puis à Fatima puis de nouveau à Santiago et là, il retourne en Belgique. Il a des écritures tatouées partout sur les bras. Il a l'air un peu flyé.

Comme tout bon pèlerin, je m'arrête aussi pour un besoin tout à fait naturel. En ce qui me concerne, j'essaie toujours de m'arrêter dans un bar mais quand ça presse trop, ça presse trop ! Cette fois-ci, je me cache derrière un petit bosquet. Après, je constate que j'ai de grosses plaques sur les jambes qui gonflent et piquent. Bon, à quoi me suis-je collée ! Je lave tout ça à une fontaine mais ça continue à piquer. Cibole !

D'ailleurs, pour continuer sur le sujet, les propriétaires de bar n'aiment pas toujours nous voir utiliser leurs toilettes et partir sans rien laisser alors moi, soit je m'arrête manger un petit gâteau avec un Coca soit je laisse un euro sur le comptoir. Il faut comprendre ces gens qui, bien souvent, ont des fosses septiques qui, au nombre de pèlerins sur ce chemin, sont vites remplies.

Aussi, ils mettent rarement du papier de toilette et pire, ils enlèvent parfois le siège. Mais bon, c'est mieux que dehors...

J'arrive finalement à Belorado. L'albergue n'est pas pleine. C'est rare. Il paraît que le nombre de pèlerins va diminuer de plus en plus jusqu'à reprendre en force dans les derniers 100 kilomètres. Il y a ceux qui abandonnent, ceux qui finissent une étape et aussi la fin septembre qui en décourage plusieurs.

Je montre mes bobos à Marthe et elle me dit qu'il n'y a rien de grave, que ça va probablement disparaître rapidement. J'adore cette femme ! C'est une infirmière en semi-retraite et elle prend soin de tout le monde. Sacrée Marthe !

On est avec Khira et on parle «hommes». Marthe et moi, on raconte à Khira comment on a connu nos hommes et comme les deux histoires ne sont pas banales, on s'amuse beaucoup. Ces moments sont sans pareils. J'oublie tout, je ne m'ennuie plus, aucun soucis. 

Par Francine - Publié dans : Mon chemin
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