Partager l'article ! Jour 9 - Torres del Rio - 8 km - Total : 150 km: Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» Ouf ! Quelle nuit ! ...
Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer
Eroski»
Ouf ! Quelle nuit ! C'est le mal de jambes qui m'a réveillée à plusieurs reprises. J'avais des élancements, comme des contractions. Mais il faut bien partir.
En chemin, je croise Solange, une bretonne, que le mari a cavalièrement abandonnée sur le Chemin parce qu'elle ne marchait pas assez vite. Elle est assise sur le bord de la route et pleure. Je
lui offre de faire un bout de chemin avec moi mais elle décline gentiment me disant qu'elle a trop mal aux pieds. Elle a visiblement envie de rester seule.
Je continue ma marche mais malheureusement, après 8 km, je n'en peux plus. Je sais qu'il n'y a qu'un refuge à Torres del Rio. Après l'avoir trouvé, je m'assieds sur le banc et j'attends que ça
ouvre.
Je vois arriver deux hommes et une femme, des Français. Un des hommes boite sérieusement, l'autre un peu moins. Une fois à ma hauteur, la dame me demande si c'est ouvert et devant ma
réponse négative, ils s'asseyent près de moi. On se présente. Ce sont Michel, Gilbert et Simone. Ils viennent de la région de Grenoble. Michel a un genou énorme dû à l'enflure. Gilbert
souffre lui aussi. Ils attendent Pierre et Gérard qui marchent sur le Chemin. Eux viennent d'arriver en bus en raison de l'état de Michel.
Voilà que le refuge ouvre. Je leur demande si je peux m'installer dans leur chambre étant donné qu'il reste un lit, ce qu'ils acceptent avec gentillesse. On se réuni sur la terrasse et on prend
une bière. Je leur demande si je peux me joindre à eux pour le souper et je propose d'apporter le vin. Michel me dit que si je ne l'avais pas demandé, il me l'aurait offert de toute façon.
Franchement, ces Français sont vraiment gentils.
Je prépare mes choses pour aller prendre ma douche et pour la première fois sur le Chemin, je tombe sur des douches communes. Ouais... Je finis par laisser tomber la douche. ![]()
Je quitte l'albergue pour me rendre au guichet car il me reste moins de 20 euros. Une fois devant le guichet, j'ai un blanc. Quel est donc mon code d'accès ? J'essaie une fois, deux fois, trois
fois. Je dois devenir un peu plus blanche à chaque fois que le guichet me répond que ça ne fonctionne pas. ![]()
Trois jours avant de quitter le Québec, j'ai été avertie qu'il y avait peut-être eu copie de ma carte et ma banque m'a demandé de la changer le plus rapidement possible. Une
fois à la banque, j'ai demandé à la dame s'il serait préférable que je change mon code d'accès et elle m'a répondu oui. Et je l'ai changé. J'avais le même code d'accès depuis des années. Et
là, je ne me souviens plus du nouveau. ![]()
Je reste là, devant le guichet, complètement décontenancée. J'essaie de faire aller ma mémoire mais rien n'y fait. Quel était donc ce foutu code d'accès ! MAIS QUEL ÉTAIT DONC CE FOUTU CODE D'ACCÈS !!!
Je retourne à l'albergue et je vais sur Internet. J'écris mon problème à Marcel et je vais sur le site de ma banque pour trouver leur numéro de téléphone. J'appelle immédiatement. Une dame me
répond et me dit qu'elle ne peut rien faire, qu'il faut qu'elle ait ma carte en main pour changer le code. En même temps, le téléphone public que j'utilise mange les pauvres euros qu'il me
reste à une vitesse phénoménale.
Je vous épargne les détails sinon je vais prendre 5 pages de mon blogue. Pour résumer, après plusieurs appels à la banque et à Marcel, rien n'y fait. Je n'ai pratiquement
plus d'euros. Je n'a
i rien pour souper ni pour déjeuner le lendemain. Je panique.
Au Québec, Marcel quitte son travail pour se rendre à la banque. Heureusement, une fois tous assis ensemble, le personnel de la banque et lui concoctent un accès sur une autre
carte que j'ai conjointement avec Marcel et ils m'appellent.
Entretemps, je suis dans ma chambre complètement pétrifiée à l'idée de ce qui va arriver à mon voyage. Je peux bien chialer que c'est difficile, que je veux m'en aller chez moi mais
devant la possibilité que ça m'arrive, je ne chante plus la même chanson. Michel, toujours gentleman, vient alors me voir pour me dire que le groupe (Pierre et Gérard sont arrivés) va
se cotiser pour me prêter des sous. Tu parles ! Je n'en reviens pas de tant de gentillesse.
Mais tout s'arrange et je peux finalement sortir de l'argent de cette foutu machine ! Ouf !
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