Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 22:32

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» 

Je pars à 7h00 ce matin après une bonne nuit de sommeil. Maribel a fait un travail extraordinaire avec mes pieds. Quel plaisir !

Je pars seule, comme à mon habitude. Les nuages sont très bas alors je ne verrai que très peu l'énorme parc d'éoliennes de la Sierra del Perdon. Une fois en haut, je suis très étonnée de voir plein de bus. Je pensais que cet endroit n'était accessible qu'à pied. Iñigo (un Espagnol) me prend en photo.

Je marche le long de grands champs de tournesol, qui ont perdus beaucoup de leurs belles pétales jaunes. Je vois aussi des oliviers et parfois des vignes. De gros nuages sont encore très présents dans le ciel mais il ne fait pas froid. Va-t-il pleuvoir ?

Je m'arrête pour dîner et les tables sont prises d'assaut par des chats qui espèrent avoir un petit quelque chose des pèlerins. Naturellement, je leur donne presque tout mon dîner. Ils sont si maigres et me regardent avec un air de chat botté.

Je continue. Me voilà à Puenta la Reina. Il y a un refuge tout de suite à l'entrée de la ville mais je ne veux pas m'arrêter là. J'en ai vu un autre dans mon «Miam-Miam Dodo» (guide pour pèlerins) et je décide de m'y rendre. Il est à l'autre bout de la ville et en haut d'une colline. Ça monte, ça monte. Ouf ! Me voilà enfin arrivée.

Au comptoir, un gentil monsieur m'offre un verre d'eau pour l'effort fourni et tamponne ma crédential. Je pars m'installer. C'est un très beau refuge (ou «albergue» en espagnol) et je suis dans une grande chambre.

Côté vie de pèlerin, ce n'est pas toujours facile. On apprend la tolérance et l'indulgence sur ce Chemin. En effet, où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie alors on doit faire face aux pèlerins qui s'accaparent tous les séchoirs à vêtements, ceux qui parlent fort quand les autres dorment, ceux qui mettent leurs vêtements sur deux ou trois lits pour réserver pour les copains qui arrivent beaucoup plus tard (laissant aux autres l'impression qu'il n'y a plus de place), ceux qui ne lavent pas les casseroles et, les pires, ceux qui se lèvent à 5h00 du matin et réveillent tout le monde.

Heureusement, la gentillesse de tous les autres compensent pour les idiots.

Mais revenons à la journée. Avant le souper, Iñigo et Itziar, les Espagnols, arrivent avec de grosses bouteilles de bière San Miguel et m'invitent (moi et quelques autres) à en boire avec eux. Comme on n'a pas de verre, on boit à la bouteille. Exit les bactéries. S'il y en a un de malade, on va tous l'être. On a tellement rit. Je parle anglais avec Iñigo et comme je ne parle pas anglais, ça vaut le détour. Ces moments de pure folie font oublier tous les bobos et les soucis.

Nous aurons le repas fournit dans cette albergue. Youppi ! Mais voilà, c'est de la saucisse. Je mangerai donc de la saucisse. Faut bien survivre (je suis végétarienne). Jusqu'à maintenant, je ne pense pas perdre une once sur ce chemin. On mange tout le temps ! Sans compter le vin !

J'ai maintenant fait presque 100 kilomètres. Jusqu'à aujourd'hui, je n'aurais jamais cru ça possible !

Par Francine
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