Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /2008 19:32

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» 
(Villava se trouve juste un peu avant Pamplona)

Départ à 6h45. Il fait encore très noir. J'ai ma lampe frontale mais, dès la sortie du village, je ne réussis pas à voir les flèches. Je me décide à partir vers la gauche où il semble y avoir un sentier qui va vers la forêt. Après quelques pas, j'entends «Aki ! Aki !» (Ici ! Ici !, en espagnol). Je vois bien qu'il y a quelqu'un près d'une voiture en marche, à côté d'une maison.

Je ne suis pas rassurée. Je ne vois qu'une silhouette et je suis complètement seule. La personne continue de me faire signe d'aller vers sa droite, en passant devant lui. Que faire ? Je dois passer dans cette ruelle pour aller où il me dit. Je finis par me résigner et je marche vers lui. Une fois tout près, je constate que c'est un «grand-papa» espagnol complètement désemparé de me voir partir vers la forêt. Il me parle en espagnol et je comprends «Camino». J'éclaire la ruelle avec ma lampe puis je vois la flèche sur le mur. Je le remercie et je pars, le coeur qui bat la chamade.

Après avoir marché un bout dans le noir, je rencontre Michelle, une française qui n'a pas de lampe frontale et qui marche à tatons. On fait un bout ensemble. Elle vient de Montpellier et elle parle comme Francis Cabrel. Elle ne dit pas «demain» mais «demaing».  

Finalement, le jour se lève et je perd Michelle qui marche beaucoup plus vite que moi. La suite du chemin est très difficile. Je suis mal équipée pour traiter les ampoules et je n'ai pas ce qu'il faut comme pansements. J'ai donc très mal.

Par contre, les paysages sont encore magnifiques. Je croise une maison où les propriétaires ont installé une table avec des fruits, des petits gâteaux et des breuvages qu'on achète pour pas cher. J'y prends quelques minutes de repos.

Je marche encore longtemps et j'espère me rendre à Pamplona mais je ne suis pas capable. Je me trouve plaignarde et ça me décourage. Je m'arrête à Villava et je vais dans un hôtel. Grave erreur car en plus d'être estropiée, je me retrouve complètement seule. Évidemment aucun pèlerin à l'horizon. J'apprendrai plus tard que l'albergue «Cofradia de la Trinidad de Arre» était vraiment très bien et je suis passée devant sans m'arrêter.

Journée à oublier.

Par Francine
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