Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski, partie
A»
Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer
Eroski, partie B»
Levée toujours à 6h00, je pars après avoir grignotté un peu.
Les ampoules semblent guérir peu à peu. Je marche un bout de chemin avec Bernard, un Français. Il me dit que pour les ampoules, si j'ai des pieds «à ça», je vais en avoir jusqu'à Santiago, qu'il faut que j'apprenne à faire avec. Zut !
Me voilà à Azofra. Je suis encore dans un beau refuge, une ancienne école. Tout est fait en «rip pressée» (du bois pressée). C'est propre et les gens sont très aimables. Je suis seule dans ma chambre avec Joice, une Hollandaise super sympa. Par contre, les douches sont communes (hommes et femmes) et les portes des douches ne barrent pas. Je me dépêche de finir.
J
e commence maintenant à douter que je puisse avoir le temps
qu'il faut pour finir le Chemin. J'ai compté qu'au rythme de 20 kilomètres par jour, il me manque 2 jours. Il faudrait que je me rattrape certaines journées en faisant plus de 30 kilomètres.
Bernard me dit que c'est ridicule, que je devrais plutôt prendre le "car" et sauter une étape ou deux. Je ne suis pas d'accord avec lui mais je me demande si je ne devrai pas en arriver là. Pour
le moment, un jour à la fois.
Encore une fois, il fait un temps superbe. On se croirait «dans le Sud», comme on dit au Québec. Il y a un bassin dehors dans lequel les pèlerins se trempent les pieds. La cour est inondée de soleil et les pèlerins sont assis et prennent une bière accompagnés de leurs trousses de premiers soins. Il y en a des pas mal plus amochés que moi, il y a ça de positif. La plupart sont partis en fous de St-Jean-Pied-de-Port.
Tiens, voilà qu'il commence à pleuvoir. Tout le monde se dépêche d'entrer les séchoirs à linge. C'est rigolo.
Oh la la, il pleut très fort maintenant. Heureusement que la journée est finie !
On part toute une gang pour aller souper dans un restaurant où on offre le «repas du pèlerin». On n'était que 7 ou 8 à table au début mais à la fin, nous étions bien une vingtaine. Dès que quelqu'un entre dans le restaurant et reconnait des pèlerins, il se joint à nous.
Je me couche en me disant qu'il faudrait que j'améliore mes performances. Mais ce qui compte, c'est que j'ai bien du plaisir.
Comme tout bon pèlerin, je m'arrête aussi pour un besoin tout à fait naturel. En ce qui me
concerne, j'essaie toujours de m'arrêter dans un bar mais quand ça presse trop, ça presse trop ! Cette fois-ci, je me cache derrière un petit bosquet. Après, je constate que j'ai de grosses
plaques sur les jambes qui gonflent et piquent. Bon, à quoi me suis-je collée ! Je lave tout ça à une fontaine mais ça continue à piquer. Cibole !
Ils mangeront avec nous.
Ça change des pierres parfois
grosses comme des pamplemousses et sur lesquelles les pieds se posent mal.
e
faire tous les jours. Après deux semaines, le corps se demande ce que tu lui veux et se défend. J'ai très mal aux jambes, aux pieds et au genou droit. Je croyais qu'après un certain temps,
l'exercice aidant, ce serait plus facile mais c'est le contraire. Malgré tout, ce qui me surprend, c'est qu'après une nuit de sommeil, je suis prête à repartir. C'est en fin de chemin que la
déprime s'installe et où je me dis : «Demain, je me repose». Mais après une soirée entre pèlerins, après une bonne nuit, je repars et j'oublie la déprime de la veille.
Ayoye ! Je n'en reviens pas ! Mon guide dit : «Un oasis dans le désert». Tu parles ! Et pas
un mirage en plus ! Digne d'une revue de décoration. Je regarde ça, complètement subjuguée quand un beau jeune espagnol arrive devant moi pour me parler. Du coup, je pense que c'est plein (les
hospitaleros n'ont pas l'habitude de nous accueillir à la porte) alors je lui demande «Completo ? Completo ?».
y
faire avec les fleurs. Les balcons, les terrasses et le moindre petit trou affichant un peu de terre est fleuri. Ils ont aussi des portes fabuleuses. Même les potagers ont droit à d'énormes
portes en fer forgé digne d'un château. Naturellement, les maisons ne sont pas en reste. Ne cherchez pas les portes affreuses en aluminium comme au Québec (comme chez moi d'ailleurs), il n'y a
ici que des portes en bois, toujours agrémentées de fer forgé et de quincailleries spectaculaires.
Il y a aussi des limaces longues comme ça ! Je n'en ai jamais vu de semblable au Québec ! Je rencontre
Françoise et on fait un brin de jasette. Elle me raconte qu'elle arrête souvent et c'est ce qui lui permet de continuer sinon, elle aurait mal partout. Elle a présentement le visage tuméfié
parce qu'elle a fait une embardée en marchant et est tombée en plein visage. Elle a même dû avoir des points de suture à l'arcade sourcilière. Ça lui donne un air de boxeur. On la taquine
avec ça.
commencé à planter des arbres mais d'ici à ce qu'ils soient assez gros pour faire de l'ombre, ce
sera mon petit-fils qui sera sur le Chemin...
On a droit à un très bon souper communautaire. On est encore la gang habituelle.
Monique et Jacques, Jean-Michel, Khira, Marthe, Claude et Bobby, Monique, Michelle et moi. On est tous assis à de longues tables et ça parle dans toutes les langues. À un moment donné,
Jean-Michel demande d'avoir encore un peu de lentilles et il précise bien «juste un petit peu». Ils lui donnent un plat à ras le bord de lentilles. Tout le monde éclate de rire.
J'ai parlé de ça avec François dont le père est militaire et ce dernier disait que 20 km,
c'est le point stratégique de tous les humains. Alors qu'il «drillait» ses hommes dans l'armée, les grands et gros gars de plus de 6 pieds «cassaient» à 20 km. Naturellement, ils devaient
continuer et environ 5 km plus tard, ils étaient à nouveau productifs. Allez comprendre...
Petite mésaventure ce matin. Après avoir fait plusieurs kilomètres, je
m'arrête dans un bar pour mon lunch du matin. J'en profite pour vérifier dans quelle albergue je peux aller à León. Horreur ! Je ne trouve plus mon «Miam-miam Dodo».
qui est en train de dîner. Notre ami
pèlerin qui est Jésuite est là. Je le regarde attentivement et me demande ce qui a pu l'amener à prendre la décision de joindre ce groupe.
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