Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /2008 04:52

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski, partie A» 
Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski, partie B» 

Levée toujours à 6h00, je pars après avoir grignotté un peu.

Les ampoules semblent guérir peu à peu. Je marche un bout de chemin avec Bernard, un Français. Il me dit que pour les ampoules, si j'ai des pieds «à ça», je vais en avoir jusqu'à Santiago, qu'il faut que j'apprenne à faire avec. Zut !

Me voilà à Azofra. Je suis encore dans un beau refuge, une ancienne école. Tout est fait en «rip pressée» (du bois pressée). C'est propre et les gens sont très aimables. Je suis seule dans ma chambre avec Joice, une Hollandaise super sympa. Par contre, les douches sont communes (hommes et femmes) et les portes des douches ne barrent pas. Je me dépêche de finir.

J e commence maintenant à douter que je puisse avoir le temps qu'il faut pour finir le Chemin. J'ai compté qu'au rythme de 20 kilomètres par jour, il me manque 2 jours. Il faudrait que je me rattrape certaines journées en faisant plus de 30 kilomètres. Bernard me dit que c'est ridicule, que je devrais plutôt prendre le "car" et sauter une étape ou deux. Je ne suis pas d'accord avec lui mais je me demande si je ne devrai pas en arriver là. Pour le moment, un jour à la fois.

Encore une fois, il fait un temps superbe. On se croirait «dans le Sud», comme on dit au Québec. Il y a un bassin dehors dans lequel les pèlerins se trempent les pieds. La cour est inondée de soleil et les pèlerins sont assis et prennent une bière accompagnés de leurs trousses de premiers soins. Il y en a des pas mal plus amochés que moi, il y a ça de positif. La plupart sont partis en fous de St-Jean-Pied-de-Port.

Tiens, voilà qu'il commence à pleuvoir. Tout le monde se dépêche d'entrer les séchoirs à linge. C'est rigolo.  Oh la la, il pleut très fort maintenant. Heureusement que la journée est finie !

On part toute une gang pour aller souper dans un restaurant où on offre le «repas du pèlerin». On n'était que 7 ou 8 à table au début mais à la fin, nous étions bien une vingtaine. Dès que quelqu'un entre dans le restaurant et reconnait des pèlerins, il se joint à nous.

Je me couche en me disant qu'il faudrait que j'améliore mes performances. Mais ce qui compte, c'est que j'ai bien du plaisir.

Par Francine
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 22:45

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Bonne nuit de sommeil même si ce matin, ça se levait à 5 hrs pour partir. Les murs en «rip pressés» n'étaient pas très insonorisés. Je ne me précipite pas pour autant, surtout depuis Ventosa où j'avais couru pour rien. Il y a toujours de la place partout de toute façon. Je pars à 6h30.

Je m'arrête à la fontaine et je remplis ma gourde. J'en prends une bonne gorgée et en levant la tête, je lis sur la fontaine «Agua no potable». Shit !!!

Tant pis. Advienne que pourra.

Après avoir marché presque la moitié du trajet, je me rends compte que je marche trop vite. C'est mon rythme habituel et je dois le changer sinon je me blesse tout le temps. Mais quand j'entre dans ma bulle, j'accélère sans m'en rendre compte. Le Chemin m'hypnotise.

J'ai mal au genou droit. Après quelques heures, le mal passe. Je mets mon lecteur MP3 et j'écoute de la musique. Je suis seule et le paysage est grandiose. Je flotte. Quelle chance j'ai de faire ce Chemin ! J'arrive bientôt à Cirueña. Je ferai encore 5 km et une fois à Santo Domingo de la Calzada, je retrouve Marthe et Khira que je croyais 50 km devant moi.

Yessssssssssssss !!!!!!!!!!!!!!

Elles ont ralenti l'allure à cause d'un problème pour Khira. C'est moi qui suis chanceuse dans toute cette histoire.

On s'installe à l'albergue qui est bien. C'est très vieux, tellement que les murs ont bougé et les portes des douches ne ferment plus. Bof ! Pas grave !

Marthe et Khira mangent à l'albergue et moi, je vais en ville car je veux goûter à la paëlla. La ville est belle et grande.  

Au souper, on part tous ensemble avec deux autres couples de Français qui en sont à leur dernière journée. Comme ils décident d'arrêter au même restaurant où j'étais ce midi, je les avertis que le serveur n'est pas commode.

Ils rient de moi durant tout le souper car, pour mal faire, le gars est hyper sympathique. Faut croire que ce midi, il n'était pas dans son assiette...

Par Francine
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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /2008 22:46

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Cette nuit, vers 3h00, le coq des voisins à chanté durant au moins 20 minutes. Tout le monde dans le dortoir était prêt à l'égorger. Surtout les 5 basques qui couchaient près de moi. 

D'ailleurs, le plus costaud de la gang faisait changer ses pansements quand on est parti ce matin. C'était absolument terrible de lui voir les pieds. My God ! Comment fait-il pour marcher arrangé comme ça ? Hier soir, ces Basques ne rigolaient pas quand quelqu'un leur a demandé de quelle région de la France ils venaient. «D'aucune région !» a répondu l'un deux. «On est des Basques. On vient des Pays Basques !» Jusque très tard dans la soirée, il y en a un qui a lu avec sa lampe frontale. Personne n'est allé lui dire de l'éteindre... 

Donc, je pars aujourd'hui vers 7h30 après un bon déjeuner fromage-yogourt. Il faut commencer à partir un peu plus tard à cause du soleil. Marcher quand il fait noir c'est possible mais pas trop longtemps.

Je me suis finalement décidée à m'acheter un bandage pour mon genou. Aussi, après re-re-calcul des kilomètres à faire versus les jours disponibles, je me rendrai à Santiago sans problème, à moins de situation grave.

Je suis maintenant en Castille. Les vignes ont disparu pour faire place à de grands champs de culture où les récoltes ont souvent été faites. Je remets mon lecteur MP3 et j'écoute France Gall pour camoufler le bruit des camions car je longe la N120.

Je m'arrête pour dîner et je croise un homme qui marche en sens inverse. Il est parti de Belgique pour se rendre à Santiago puis au Finistère puis à Fatima puis de nouveau à Santiago et là, il retourne en Belgique. Il a des écritures tatouées partout sur les bras. Il a l'air un peu flyé.

Comme tout bon pèlerin, je m'arrête aussi pour un besoin tout à fait naturel. En ce qui me concerne, j'essaie toujours de m'arrêter dans un bar mais quand ça presse trop, ça presse trop ! Cette fois-ci, je me cache derrière un petit bosquet. Après, je constate que j'ai de grosses plaques sur les jambes qui gonflent et piquent. Bon, à quoi me suis-je collée ! Je lave tout ça à une fontaine mais ça continue à piquer. Cibole !

D'ailleurs, pour continuer sur le sujet, les propriétaires de bar n'aiment pas toujours nous voir utiliser leurs toilettes et partir sans rien laisser alors moi, soit je m'arrête manger un petit gâteau avec un Coca soit je laisse un euro sur le comptoir. Il faut comprendre ces gens qui, bien souvent, ont des fosses septiques qui, au nombre de pèlerins sur ce chemin, sont vites remplies.

Aussi, ils mettent rarement du papier de toilette et pire, ils enlèvent parfois le siège. Mais bon, c'est mieux que dehors...

J'arrive finalement à Belorado. L'albergue n'est pas pleine. C'est rare. Il paraît que le nombre de pèlerins va diminuer de plus en plus jusqu'à reprendre en force dans les derniers 100 kilomètres. Il y a ceux qui abandonnent, ceux qui finissent une étape et aussi la fin septembre qui en décourage plusieurs.

Je montre mes bobos à Marthe et elle me dit qu'il n'y a rien de grave, que ça va probablement disparaître rapidement. J'adore cette femme ! C'est une infirmière en semi-retraite et elle prend soin de tout le monde. Sacrée Marthe !

On est avec Khira et on parle «hommes». Marthe et moi, on raconte à Khira comment on a connu nos hommes et comme les deux histoires ne sont pas banales, on s'amuse beaucoup. Ces moments sont sans pareils. J'oublie tout, je ne m'ennuie plus, aucun soucis. 

Par Francine
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 22:47

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Froid québécois au départ aujourd'hui. J'ai deux chandails et mon imper et si j'avais le courage d'ouvrir mon sac à dos, je mettrais mes mitaines. Mais aussitôt le soleil levé, tout change. Il fait très chaud et me voilà en short.

Le chemin est merveilleux. Quand je me retrouve trop près de la route, j'écoute de la musique. Le soir, on parle du chemin et on a tous le même commentaire, c'est fantastique ! Ce qui est rigolo, c'est que tout le monde met le même bémol à ce rêve... les mouches ! D'ailleurs, je crois que ces mouches sont des «mouches-élastiques». En effet, rien qu'en bougeant un peu, la mouche qui me chatouille s'en va. Par contre, elle revient EXACTEMENT à la place d'où elle est partie. Puis je re-bouge, elle re-part et re-vient encore exactement à la même place. Ça devient un duel sans merci. De quoi rendre fou !    En plus, il y en a partout ! Même dans les restaurants et les albergues.

Il existent également des moucherons qui se tiennent en «nuage» et qui se précipitent dans le visage sans savoir exactement où elles vont. Elles entrent dans les yeux, dans la bouche, dans les oreilles. Sales bestioles !

Me voilà donc à Villafranca Montes de Oca. Il passe dans le petit village une route sur laquelle voyagent des camions énormes. De plus, la route est très étroite et les bâtiments tout près de la route. C'est infernal ! Heureusement, l'albergue n'est pas trop près.

Quand j'arrive, il n'y a personne. Je choisis un lit et je m'installe avec Marthe et Khira qui sont déjà arrivées. Puis quelqu'un arrive, nous fait payer et valide si on est bien des pèlerins. Ils sont vraiment très confiants pour laisser tout ouvert comme ça et nous laisser nous installer alors qu'ils ne sont pas là.

Marthe, Khira et moi allons nous acheter des trucs pour le souper. L'épicerie est située dans le bar et le propriétaire est vraiment sympathique. Il comprend qu'on aimerait avoir de l'huile mais comme il ne vend ça qu'en grosse bouteille, il cherche un petit contenant et nous en offre un peu. On le prend en photo et ses amis accoudés au bar rigolent de la situation. Nous retournons à l'albergue pour préparer le souper. On essait de jumeler Khira avec un bel anglais mais il ne fait pas son affaire. Heureusement que le monsieur ne comprend rien à nos gloussements. Arrivent ensuite François et Camille, deux jeunes Québécois de la région de Maniwaki.  Ils mangeront avec nous. 

Petite anecdote; il y a un monsieur allemand de 95 ans qui fait le chemin. Il a dormi tout l'après-midi et vers 17h00, il se réveille et nous voit travailler dans nos affaires. En fait, comme on a fini notre lavage, on remet tout ça dans nos sacs et on prépare nos trucs pour le lendemain. Le monsieur pense qu'on se prépare à partir et croit que c'est le matin alors il fait ses bagages. Moi, j'écris ma lettre et de temps à autre, je jette un coup d'oeil (il est juste devant moi) et je commence à m'inquiéter. Je demande à Andrea, une jeune Allemande, de vérifier s'il n'est pas en train de s'en aller. Et c'est bien le cas.

Elle lui parle et lui dit qu'il faut qu'il aille manger mais qu'il n'est pas le temps de partir. Toute une histoire ! J'imagine avec horreur le pauvre monsieur sur le chemin en pleine nuit...

Aussi, j'ai écrit une belle lettre d'amour à mon chum car il me manque beaucoup. Toute contente, je dépose l'enveloppe dans la boite aux lettres... sans timbre ! Mautadit ! Avec l'aide d'un espagnol, j'écris un mot que je plie et dans lequel je mets un timbre et je vais mettre ça dans la boite aux lettres. L'Espagnol me dit que de toute façon, ce sera probablement la seule lettre depuis des mois dans la boite et qu'il voit le facteur tous les jours au bar et va faire le message. Vive les petits villages où tout le monde se connaît !

À mon retour, j'apprendrai que la lettre s'est très bien rendue.... sans timbre !

Par Francine
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /2008 22:48

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Je pars et il fait encore nuit. J'adore voir le soleil se lever et toutes les couleurs qui s'affichent. Beaucoup d'éoliennes ornent encore le paysage. Le chemin est large et semble fait exprès pour l'entretien de ces grandes machines. Ça change des pierres parfois grosses comme des pamplemousses et sur lesquelles les pieds se posent mal.

Je m'arrête pour dîner et je vois passer Monique et Michelle puis Marthe et Khira. Je suis à l'ombre de pins majestueux.

Je passe par San Juan de Ortega où il y a le tombeau du Saint, vieux de 2000 ans. En sortant, je croise un cycliste qui s'est fait manger par les punaises dans une albergue. Il montre ses plaies aux pèlerins. C'est horrible !

Je m'arrête un peu plus loin dans un bar pour «vous savez quoi» et j'y retrouve Marthe et Khira. Le chemin est ensuite vide de pèlerins. Je croise des vaches et il vente très fort. Me voilà maintenant à Agés. Il y a dans ce village une jolie petite boutique avec des mets fins. J'ai envie de tout acheter mais comme je devrai ensuite le transporter, je me retiens. Quel horreur pour un pèlerin que d'ajouter du poids à son sac à dos !

Je marche ensuite le long de la route. Ce n'est pas ce que je préfère, comme tous les pèlerins, et j'arrive à l'albergue pour constater que c'est vraiment bien. Ce sont de petits modules collés les uns aux autres pour former une petite auberge. Par contre, la salle à manger est minuscule. Au moins c'est propre, très propre.

À l'extérieur, il ne fait pas chaud. On s'est assis un moment dehors à prendre une bière. Il y a là Marthe, Khira, François, Camille et Marie-Pier. On taquine François parce qu'il picore toujours dans notre nourriture et je crois qu'il est fâché. Pourtant, ce n'est vraiment que pour blaguer.

Après la bière quotidienne, c'est la routine habituelle qui commence. Installation, douche, lavage des vêtements, traitement des bobos, préparation du matériel pour le lendemain et planification du souper. Et puis dodo...

Par Francine
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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /2008 22:49

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Petit départ tranquille ce matin. Le refuge nous a permis de bien se reposer même si une dame parlait tellement fort qu'elle en a réveillé plusieurs. C'est une dame d'une certaine nationalité que tous les pèlerins qui me liront vont comprendre...

Je pars à la pleine noirceur. Le soleil apparaît de plus en plus tard. En se levant, il inonde toute la vallée et produit des couleurs jaunes, roses et orangées sur les champs de blé déjà cultivés. C'est magnifique. 

Lorsque je m'approche de Burgos, je prends le chemin qui ne passe pas par le quartier industriel mais je finis par me perdre. Après avoir demandé à plusieurs reprises le chemin de la cathédrale, je ne m'y retrouve toujours pas. Je marche dans Burgos depuis déjà longtemps lorsque je décide de prendre le bus. Et dans ce bus, il y a... des Québécois !  Ce sont Claude et Bobby, un couple de Québec. Ils se sont aussi perdus. Un vieux monsieur très gentil nous aide à nous retrouver.

Je vais immédiatement me chercher une chambre et je réserve aussi une place pour Marthe et Khira qui ne sont pas encore là. Viendront ensuite se joindre à nous François et Camille. 

Le vieux Burgos est un très bel endroit avec une «Playa Mayor» magnifique. Tous les gens s'y rassemblent et comme c'est en plus dimanche, ils s'y retrouvent en famille et vont manger au restaurant. Je marche et je décide d'aller visiter la cathédrale. Une fois à l'intérieur, je vois qu'il y a un guichet et l'homme me renvoie brusquement à l'extérieur, fâché que je ne comprenne pas l'espagnol. J'apprendrai plus tard qu'il voulait que j'aille me chercher un billet au kiosque touristique. Comme c'est une fête religieuse aujourd'hui, il y a un grand évènement à la cathédrale. Je ne le saurai que plus tard et je ne verrai rien de tout ça.

Je vois quand même la cathédrale de l'extérieur et elle est tout simplement magnifique. Il semble que ce soit la plus belle de toute l'Espagne. Je me promène dans la ville et je trouve une patisserie où je vais me régaler. Le soir avant de me coucher, j'y retourne ! Non, je ne maigrirai pas sur ce chemin, c'est certain !

Par Francine
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 22:50

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Je pars de Burgos très tôt, comme d'habitude. Ce n'est pas facile de sortir de la ville. Heureusement, les Espagnols sont habitués et me dirigent systématiquement dès qu'ils me sentent un peu perdue. Je n'ai qu'à demander «Camino ?» et ils me montrent du doigt la route à prendre. 

Ce matin, il y a beaucoup de brouillard et j'ai le moral un peu tout croche pour une histoire entre pèlerins. La cohabitation n'est pas toujours agréable. Aussi, faire le Chemin, c'est encore très pénible. Faire 20 km de marche, c'est somme toute assez facile. Le problème, c'est de l e faire tous les jours. Après deux semaines, le corps se demande ce que tu lui veux et se défend. J'ai très mal aux jambes, aux pieds et au genou droit. Je croyais qu'après un certain temps, l'exercice aidant, ce serait plus facile mais c'est le contraire. Malgré tout, ce qui me surprend, c'est qu'après une nuit de sommeil, je suis prête à repartir. C'est en fin de chemin que la déprime s'installe et où je me dis : «Demain, je me repose». Mais après une soirée entre pèlerins, après une bonne nuit, je repars et j'oublie la déprime de la veille. 

En après-midi, il fait très chaud et je marche un bout le long de la route. Comme on entre dans la «meseta», les après-midi sont torrides ! Un vrai four. Et les endroits ombragés sont rares. Dire qu'il y a quelques jours, je mettais mes mitaines.  

J'arrive à Hornillos del Camino. C'est un tout petit village et l'albergue est collée à l'église. J'ai maintenant 314 km au compteur. Je suis contente. Je suis encore avec Marthe. On va s'acheter du vin et on prend un verre sur le parvis de l'église mais le «bedeau» nous demande d'aller plus loin parce qu'il ne veut pas qu'on tache la pierre toute neuve. On comprend, on s'excuse et on va ailleurs.

On voit arriver de plus en plus de pèlerins puis l'albergue est pleine. La municipalité va finalement ouvrir un autre local où les pèlerins devront dormir sur des matelas par terre. D'autres pèlerins arrivent alors qu'il est très tard. Ceux-là n'auront pas de chance et devront continuer jusqu'au prochain village.

Nos amis Claude et Bobby sont avec nous alors qu'habituellement, ils vont à l'hôtel. Ils regretteront d'être allés dans une albergue ce soir-là (et moi aussi d'ailleurs) car les matelas sont sales et sentent mauvais. De plus, j'ai eu la lumière dans le visage toute le nuit car je suis tout près de la porte. Et notre dortoir est près de la cuisine, que les pèlerins tarderont à quitter.

Ah ! La vie sur le Chemin de Compostelle !

Par Francine
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /2008 18:33

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Au départ, j'ai encore la chance de voir le soleil se lever car il n'y a aucun nuage dans le ciel. La lune est encore présente et elle est pleine, ce qui ajoute à la beauté du spectacle. Le paysage est encore en ligne droite et les arbres sont rares. J'adore découvrir un village lorsque j'arrive tout en haut d'une colline.

La belle ville de Castrojeriz, quant à elle, s'est montrée à moi bien avant que j'y arrive. Le spectacle est époustouflant ! On peut difficilement imaginer que de si beaux endroits existent !  

Petite ombre au tableau, j'ai maintenant le rhume. Pour bien me reposer, je choisis de me louer une petite chambre d'hôtel. Quel plaisir ! C'est plus que mon mètre carré habituel auquel j'ai droit dans les albergues. Je m'installe et je laisse tout traîner, moi qui suis habituellement très ordonnée.  

Marthe et Khira sont aussi dans ce village. Dans l'après-midi, nous allons faire un brin d'épicerie et Monique se joint à nous. C'est une sympathique Française qui doit retrouver son amoureux Jacques dans quelques temps et ils finiront le chemin ensemble. Ils se sont connus sur le Chemin l'an dernier; une belle histoire très romantique. Elle a un frère qui travaille au Québec.

À l'épicerie, on rigole car la vieille dame devant nous raconte toute sa vie à l'épicier qui l'écoute religieusement. Ça nous enseigne la patience et aussi l'empathie (comme l'épicier pour cette vieille dame). On va aussi faire des achats chez la pharmacienne qui ne dit pas un mot français mais à qui on fera comprendre nos bobos par toutes sortes de mimiques. On la dévalise en crème, papier mouchoirs et pansements de toutes sortes.

Après, on mange toutes ensemble au restaurant de mon hôtel. Je pars ensuite me coucher tranquille dans ma chambre mais mon bonheur sera troublé par mon nez toujours bouché.

 

Par Francine
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /2008 18:34

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Oh là là, quelle journée difficile ! Il fait une chaleur torride et pas d'ombre. Jamais !  En chemin, je m'arrête à «Hopital de San Nicolás de Puento Fitero» dont on m'a tant parlé. En étroite collaboration avec l'Association espagnole de l'Ordre de Malte, la Confraternité de Saint Jacques de Compostelle de Pérouse/Perugia a restauré ce bâtiment, situé à côté d’un pont traversant la rivière Pisuerga dans une zone contrôlée au Moyen Age par l’Ordre de Malte et l’a reconverti en auberge pour les pèlerins. Je regrette de ne pas coucher là mais je n'ai que quelques kilomètres de fait et n'ai plus de temps à perdre. C'est tout petit mais magnifique.

À Boadilla del Camino, après 20 km, je n'en peux plus. Il faut dire qu'avec mon rhume, je suis un peu plus affaiblie que d'habitude. Je décide donc d'arrêter au gîte "En El Camino" dont mon guide me parle tant.  

Ayoye ! Je n'en reviens pas ! Mon guide dit : «Un oasis dans le désert». Tu parles ! Et pas un mirage en plus ! Digne d'une revue de décoration. Je regarde ça, complètement subjuguée quand un beau jeune espagnol arrive devant moi pour me parler. Du coup, je pense que c'est plein (les hospitaleros n'ont pas l'habitude de nous accueillir à la porte) alors je lui demande «Completo ? Completo ?».  

Allez savoir pourquoi, il reconnaît mon accent et me dit «Québécoise ?». Je réponds oui, un peu étonnée et il me dit : «Pourquoi ça serait completo ? C'est l'automne, il est encore tôt. Mais non, ce n'est pas completo. Viens choisir ton lit.» 

Et il m'amène dans le dortoir, me présente le meilleur lit et me dit de me reposer, de me doucher et de prendre mon temps, que j'irai payer plus tard. Puis, il m'embrasse sur les deux joues et s'en va. Je reste planté là quelques minutes devant tant de sollicitude.
Je prends donc ma douche, tranquille. J'ai même droit à tout un spectacle ! Alors que je suis à faire mes tresses, un mec sort de la douche, complètement nu et prends son pantalon qui est accroché à côté de moi. Et le gars a un body style «joueur de rugby» ! J'ai bien faillit me mêler dans mes tresses....

Après m'être calmée un peu les nerfs, je pars visiter le village. Les Espagnols savent y faire avec les fleurs. Les balcons, les terrasses et le moindre petit trou affichant un peu de terre est fleuri. Ils ont aussi des portes fabuleuses. Même les potagers ont droit à d'énormes portes en fer forgé digne d'un château. Naturellement, les maisons ne sont pas en reste. Ne cherchez pas les portes affreuses en aluminium comme au Québec (comme chez moi d'ailleurs), il n'y a ici que des portes en bois, toujours agrémentées de fer forgé et de quincailleries spectaculaires.

Vers 19h00, c'est le souper communautaire, fait par la «mama» à l'albergue. Je m'assieds à une table et je suis rapidement entourée d'Allemands, d'Américains, de Hollandais, etc. Personne ne parle français. Je fais ni un ni deux et je déménage à la table à côté où, visiblement, ça parle français. Je me présente en expliquant ma situation et leur demande si je peux me joindre à eux. Naturellement, on m'invite vivement à m'asseoir.

C'est ce soir-là que je ferai connaissance avec Luc, 80 ans et Philippe, 79 ans (que Luc appelle affectueusement «le gamin»). Ces deux-là seront un des mes beaux souvenirs du Chemin.

Par Francine
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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /2008 18:34

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J'ai droit à tout un déjeuner ce matin, à l'albergue "En el Camino". En plus d'être reçue comme une reine, je mange merveilleusement bien, ce qui n'est pas toujours le cas sur le Chemin, surtout pour les déjeuners. Pain grillé (et à volonté !), confiture (autre qu'à l'abricot) et beurre. J'ai même droit à un verre de jus parce que je ne bois pas de café. Le paradis ! 

Mais bon, ce n'est pas tout, il faut partir. Je quitte derrière Luc et Philippe. Le chemin est très beau. On se perd de vu un bout de temps et je les rejoins pour un lunch dans un petit bar où il n'y pas grand chose à manger. Luc et Philippe partage avec moi leur casse-croute. Ils se taquinent sans arrêt. C'est rigolo. Sur le terrain, une chienne joue avec son petit chiot. Ils sont adorables. 

Je repars. En marchant, je m'amuse à tenter d'éviter les nombreux escargots sur le chemin. Il y en a vraiment beaucoup, surtout tôt le matin.  Il y a aussi des limaces longues comme ça ! Je n'en ai jamais vu de semblable au Québec ! Je rencontre Françoise et on fait un brin de jasette. Elle me raconte qu'elle arrête souvent et c'est ce qui lui permet de continuer sinon, elle aurait mal partout. Elle a présentement le visage tuméfié parce qu'elle a fait une embardée en marchant et est tombée en plein visage. Elle a même dû avoir des points de suture à l'arcade sourcilière. Ça lui donne un air de boxeur. On la taquine avec ça.

Me voilà maintenant à Carrión de los Condes. Ouf ! Je suis contente d'arriver, j'ai les jambes en compote. J'ai cherché l'albergue partout dans la ville. En fait, c'est un couvent de soeurs. Naturellement, c'est très propre. La religieuse me fait visiter les lieux puis me montre mon dortoir. Youppi ! Ce ne sont pas des lits superposés ! On a chacun notre petit lit. Elle me montre ensuite la salle d'ordinateur et juste à côté, il y a une bible sur un coussin. Elle dit que c'est «Internet avec Dieu». 

Dans mon dortoir, il y a Monique qui est enfin avec son Jacques. Je suis contente de faire sa connaissance. Dans le dortoir à côté, il y a Luc et Philippe. Le soir, je vais au restaurant avec Jacques et Monique et un autre couple de Français, Serge et Annie. C'est bien mais le serveur n'est pas très aimable. Dommage ! 

Aujourd'hui, j'ai fait une grosse journée. Je suis fière de moi. J'ai maintenant la moitié du Chemin de fait. Je jubile !  

La photo indique 463 km mais c'est par la route. Pour les pèlerins, c'est environ 385 km.
Par Francine
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 23:34

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Ouf ! Quelle journée ! Quelle chaleur ! Le Chemin est très semblable depuis des jours. Rectiligne, longeant la route et sans ombre. Les Espagnols ont commencé à planter des arbres mais d'ici à ce qu'ils soient assez gros pour faire de l'ombre, ce sera mon petit-fils qui sera sur le Chemin...

Je croise un grand champ de tournesol et il y a là une moissonneuse-batteuse qui les coupe. Je n'aurais jamais cru que la récolte se faisait de cette manière. Ça sent le tournesol à plein nez !

À l'heure du dîner, je rejoins Luc et Philippe dans un resto et je mange une «tortilla» (espèce d'omelette aux pommes de terre). Luc me raconte comment ça se passait dans le temps de la guerre. Il y avait des officiers allemands qui avaient réquisitionné leur maison. Il se souvient même de leurs noms. Je suis impressionnée.

Je repars. Je suis de plus en plus fatiguée puis tout à coup, je vois une paire de bottes pratiquement neuves juste à côté d'un banc. Lorsque la personne qui les a oubliées va constater sa bourde, elle ne s'en remettra pas. J'ai envie de les ramasser pour les apporter au prochain refuge mais je me dis que si cette personne se souvient où elle a changé de chaussures, elle va revenir, c'est certain.

Une fois dans le village, je cherche le refuge «Jacques de Molay» mais je ne trouve pas. Après une vingtaine de minutes, je m'assieds un peu découragée et je vois arriver Jacques et Monique. Ils viennent me reconduire à l'albergue qui était tout près mais dans une rue très en retrait. Toute la gang est là. Marthe, Khira, Jean-Michel, Luc, Philippe, Monique, Michelle et bien d'autres. Quand j'arrive, ils se mettent tous à applaudir. Je suis un peu gênée tout en étant très contente de voir qu'il y a des gens qui m'aiment bien sur le Chemin.

Je termine en piètre état. Je me déchausse pour constater que j'ai trois ampoules ! De plus, je n'ai jamais eu mal au genou gauche et voilà qu'il commence à faire des siennes. C'est la première fois que je suis si estropiée. Quel dommage ! Je crains pour demain.

Je fais chambre avec Monique et Michelle ainsi que Luc et Philippe. Un petit dortoir tranquille. J'ai même des draps ! J'en profite pour laver mon sac de couchage qui pue. Philippe s'engueule avec Luc parce qu'il est fâché d'avoir autant marché et dit qu'il refuse d'en faire autant par jour. Je rigole de les entendre se disputer.

Je rejoins le groupe qui est sur la terrasse à prendre une bière. Claude et Bobby sont venus nous rejoindre. Ils sont installés dans un petit hôtel juste au dessus du bar. D'ailleurs, je veux appeler Marcel alors je m'en vais au bar. Quand j'entre, tout le monde arrête de parler et me regarde. Je vire carrément au rouge tellement je suis gênée ! Mais c'est comme ça, je suis étrangère, je suis une femme, je suis en «short» et je fais dur avec mes Crocs, mes tresses et mon chapeau d'Indiana Jones...

Par Francine
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Samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /2008 23:35

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski - Partie A» 
Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski - Partie B» 


À tous les jours, j'espère que le lendemain sera un peu plus facile. Malheureusement, c'est toujours un peu éprouvant. La chaleur, les blessures et la promiscuité sont les pires ennemies du pèlerin.

Mes ampoules ne me font pas trop mal. Une fois à Sahagún, je rencontre Françoise (celle qui s'était blessée au visage). Elle est avec Gaby et elles s'arrêtent. Elles n'en peuvent plus et ont décidé de prendre le train pour retourner en France. La veille, c'est Serge et Annie qui ont abandonné. Serge n'était plus capable de continuer.

J'arrive finalement à l'albergue qui est beaucoup mieux que les commentaires entendus. À cause des nouveaux propriétaires, paraît-il. C'est bien et typiquement espagnol. Je m'installe dans un petit dortoir ne contenant que quelques lits. Après la douche, le lavage et les préparatifs du lendemain, je vais m'installer dans la grande salle pour écrire ma lettre. Je rigole en entendant la «mama» crier ses ordres pour le repas du soir. Ils ont de bons poumons les Espagnols ! 

On a droit à un très bon souper communautaire. On est encore la gang habituelle. Monique et Jacques, Jean-Michel, Khira, Marthe, Claude et Bobby, Monique, Michelle et moi. On est tous assis à de longues tables et ça parle dans toutes les langues. À un moment donné, Jean-Michel demande d'avoir encore un peu de lentilles et il précise bien «juste un petit peu». Ils lui donnent un plat à ras le bord de lentilles. Tout le monde éclate de rire. 

Plus tard dans la nuit, alors qu'on est tous couché depuis belle lurette, un groupe d'Espagnols et de Brésiliens arrivent dans notre dortoir à 1h30 du matin et s'installent bruyamment en ouvrant toutes les lumières et sans se préoccuper outre mesure des autres pèlerins. Il faut beaucoup de tolérance sur le Chemin pour accepter de telles attitudes. En ce qui me concerne, je finis par me rendormir et tout s'arrange mais il y a probablement des pèlerins plus mal en point qui se rendorment difficilement et pour qui la journée sera très difficile le lendemain.

Aussi, depuis plusieurs jours, je croise cette même brésilienne qui se couche tard et qui garde sa lampe frontale ouverte jusqu'à je ne sais quelle heure. Quand je pars le matin, elle est encore dans son sac de couchage et dors. Quand j'arrive au refuge suivant, elle est déjà là et pourtant, je ne l'ai jamais croisé sur le Chemin. Quel pèlerin, qui marche avec douleur, n'a pas eu de place aujourd'hui à cause de cette jeune fille ?

Par Francine
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /2008 23:36

Visualiser le trajet sur le site espagnol «Consumer Eroski» 

C'est une journée comme les autres. Le départ est parfait. Je me sens en pleine forme. Après 10 kilomètres, j'en arrache un peu. Je commence à sentir mes ampoules (les bandages doivent se déplacer). Je m'arrête dans un coin pique-nique pour tenter de les corriger. Au loin, un vieil homme ramène ses moutons. Malheureusement pour lui, les moutons refusent d'avancer à ma vue et l'homme semble de mauvaise humeur et se demander ce que je fais là. Après quelques cris et l'aide de son chien, les moutons avancent. Des salutations de ma part finiront par le faire sourire et me souhaiter «Buen Camino» !

Après 20 kilomètres, j'ai mal partout. J'ai les yeux plein d'eau. Pourtant, quelques kilomètres plus loin, j'ai un regain d'énergie salutaire avant l'arrivée.

J'ai parlé de ça avec François dont le père est militaire et ce dernier disait que 20 km, c'est le point stratégique de tous les humains. Alors qu'il «drillait» ses hommes dans l'armée, les grands et gros gars de plus de 6 pieds «cassaient» à 20 km. Naturellement, ils devaient continuer et environ 5 km plus tard, ils étaient à nouveau productifs. Allez comprendre...

Une fois à l'albergue, je me promène de dortoir en dortoir pour constater avec horreur qu'il n'y a plus de place. C'est la première fois que ça m'arrive. Je vais à l'hôtel. Plus de place. Et il n'y a pas d'autre albergue. Je reviens à la première albergue où sont Marthe, Khira, Claude et Bobby. Voilà Luc qui arrive. Lui ne s'inquiète pas outre mesure.  L'hospitaleros n'arrivera qu'à 16h30 alors je ne sais trop si je dois reprendre le chemin ou attendre s'il peut me proposer autre chose. C'est inquiétant car s'il n'y a vraiment aucune possibilité, j'aurai peut-être longtemps à marcher avant d'avoir un lit. Luc dit d'attendre, que ça va certainement s'arranger.

Finalement, quand l'hospitaleros arrive, on constate que c'est lui-même qui a mis des tapis de sol sur plein de lits pour empêcher quiconque d'y prendre place sans son accord. Fiou ! Quand on arrive dans le dortoir, qui vois-je étendue sur son lit ? La brésilienne ! Mouais....

Luc et moi, on s'installe dans le même module. Je lui laisse la place en bas car je sais qu'il a un peu de difficulté à monter dans les lits superposés. J'apprend que Philippe a quitté, il avait trop mal aux genoux. Il a repris le train pour la France.

Au moment de la douche, je dois me contenter d'eau froide. Mais bon, une bonne bière remet le moral en place. Je pars souper avec la gang.

Par Francine
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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /2008 23:37

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Petite mésaventure ce matin. Après avoir fait plusieurs kilomètres, je m'arrête dans un bar pour mon lunch du matin. J'en profite pour vérifier dans quelle albergue je peux aller à León. Horreur ! Je ne trouve plus mon «Miam-miam Dodo».  J'ai plein de notes dans ce livre et il m'est très précieux. En réfléchissant, je me souviens que le matin, je l'ai mis sur mon lit pour pouvoir le mettre dans un filet sur le côté de mon sac, ce que je n'ai jamais fait. Je décide de retourner à l'albergue et je souhaite de tout coeur que les hospitaleros ne l'aient pas jeté.

Et non, il est toujours sur mon lit.

Alors que cette journée devait être une courte étape, j'aurai quelques kilomètres de plus au compteur en raison de cette bourde. De plus, pour la première fois depuis que je suis sur le Chemin, il pleut. Heureusement pas une grosse averse mais de la pluie quand même. Et le chemin est très moche. Je longe la route presque tout le long. De plus, je regrette de ne pas être partie avec Luc. J'espère le retrouver en chemin. Une fois à León je décide de me faire un cadeau et je me prends une petite chambre. Ah ! Un bain ! Ah ! De l'eau chaude ! Ah ! Un lit pour moi toute seule ! Ahhhhhh !  

Je marche dans la ville qui est très belle. Devant l'hôtel, il y a une grande avenue pour les piétons seulement. Naturellement, tous les magasins sont fermés car il est 14h00. Toute l'Espagne dort entre 14h00 et 17h00 ou 13h00 et 16h00, ça dépend des villes. Un peu plus tard, je trouve un restaurant arabe qui fait des Shish Kebab. Cool ! Je me paye une superbe assiette. Je continue ma visite et je finis par tomber sur Marthe, Jean-Michel, Claude et Bobby. Je leur raconte où je suis allée manger et Claude veut absolument manger elle aussi des Shish Kebab. En route vers le restaurant, on croise Monique et Michelle qui viennent aussi avec nous. Nous voilà tous attablés dans le restaurant où nous sommes les seuls clients (il est très tôt). Le jeune patron est un peu débordé.

Je quitte ensuite le groupe et je retourne dans ma petite chambre et je regarde la télé. C'est l'fun mais en même temps, je suis toute seule. Un côté l'fun, un côté plate.

Par Francine
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 23:39

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Quel chemin ennuyant et laid aujourd'hui. Je longe la grande route tout le temps. C'est bruyant, ça sent mauvais et ce n'est pas très beau. Mais bon, c'est aussi ça le Chemin. J'arrête manger et je retrouve tout mon groupe habituel qui est en train de dîner. Notre ami pèlerin qui est Jésuite est là. Je le regarde attentivement et me demande ce qui a pu l'amener à prendre la décision de joindre ce groupe.

Au restaurant, je demande un sandwich et un Coca Light et je vais m'asseoir avec mon plat. Je reste au resto une bonne heure à regarder mes plans et mon guide. Quand vient le temps de partir, je me rappelle que je n'ai pas payé. Je retourner à l'intérieur et mon serveur a été remplacé. Je dis au monsieur que je n'ai pas payé et il me demande ce que j'avais commandé. J'aurais pu dire n'importe quoi, j'aurais même pu m'en aller sans payer mais en Espagne, c'est comme ça. Ils sont très confiants qu'on va être honnête. C'est assez spécial.

Une fois au village, je suis déçue de constater que c'est assez moche. C'est quasi abandonné. L'albergue n'est pas si mal. Tout mon monde est là. On trouve quand même une petite épicerie puis un restaurant. Après le souper, rien à faire ici sinon se coucher. Je passe une nuit très agitée. J'ai mal aux jambes et aux hanches. J'ai trop mangé et il y a trop de bruit. Oh là là....

 

Par Francine
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